Le dialogue dans le couple

Dialogue 2L’absence de dialogue ou plus largement, le manque de communication reste le facteur premier des conflits que rencontrent une grande majorité de couples. Malheureusement, ceci est également vrai pour un grand nombre de couples chrétiens.

 Certes, nous ne sommes pas en mesure de fournir des statistiques fiables sur les causes des différents conflits conjugaux car les données présentes sur la toile sont hétérogènes. Toutefois, notre affirmation relève simplement d’un “constat”, convaincus que chacun d’entre nous connaît au moins un couple dans son entourage qui traverse des moments difficiles. Eh bien, si nous y regardons de plus près, l’absence de tout dialogue ou l’exercice d’un dialogue mal conduit en est souvent l’origine !

 Essayons de comprendre très concrètement le dialogue. D’après le dictionnaire Larousse, le dialogue est une conversation entre deux ou plusieurs personnes sur un sujet défini. La définition de Wikipédia nous semble plus complète : « mot composé du préfixe « dia » : « au travers, par, entre », et du radical « logos » : « parole, raison, verbe » -, c’est-à-dire littéralement : « une parole raisonnée et agissante, qui pénètre, tranche et traverse complètement et méticuleusement ». Il désigne un type de communication entre plusieurs personnes ou groupes de personnes. Le dialogue se distingue de la discussion et du débat : il se réfère à un mode de conversation qui comporte nécessairement raison discernement, exactitude et sagesse, ainsi qu’un échange d’arguments convergents et convaincants, au fur et à mesure de ce que le dialogue se déploie parmi les interlocuteurs ».

 On peut donc naturellement se poser la question de savoir si le dialogue est indispensable pour un couple chrétien ? D’emblée, nous répondons OUI. Il est même essentiel, capital, obligatoire voire primordial.. En bref, l’équilibre et la “survie” du couple en dépendent. Seulement, à la lumière de la Parole de Dieu, nous constaterons que le dialogue n’est pas simplement un exercice sclérosé nécessitant l’application de codes et de formules toutes faites. Il s’agit d’une vie pratique qui fait appel à nos motivations, à nos sentiments, à notre façon de voir la vie et de considérer l’autre. C’est le résultat d’un coeur et d’une vie transformée par le Seigneur Jésus, et qui va donc vers l’autre pour différentes raisons.

 Comment et quand dialoguer ?

 L’exemple parfait du dialogue et d’un échange dans un couple est celui de Jésus-Christ et de son épouse, l’Église. Et vous maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole (Éphésiens 5 : 25). La Parole est donc le moyen d’échange privilégié entre le Seigneur et son Église.

De même, dans le couple chrétien, le dialogue repose bien entendu et en premier lieu, sur les mots échangés. Il permet donc d’entrer en contact avec son conjoint, il permet de le comprendre et de le connaître. Cependant,  il existe d’autres moyens de dialoguer, ou plutôt de communiquer autour de ces mots. Cela passe par les gestes, les attentions et toute attitude affective. Tous ces moyens de communication sont à double tranchant selon l’utilité qu’on en fait. En effet, les mots et les échanges peuvent être violents, accablants ou a contrario, être ajustés, utilisés avec bienveillance et être source de bénédiction pour l’autre. Que votre parole soit toujours assaisonnée de sel, avec grâce, afin que vous sachiez comment vous avez à répondre à chacun. (Colossiens 4 : 6).Dialogue 3

 Un exemple : Il est une chose de dire à son mari “chéri tu ne descends jamais la poubelle !!!” et il en est une autre de lui dire “chéri j’aimerais que tu descendes la poubelle quand tu y penseras, cela m’aiderait vraiment…” Est-ce que j’accable mon époux(se) avec les mots que j’utilise ou est-ce que j’essaye de l’élever, de l’encourager…? Eh bien, oui !

 De la même manière, comment je reçois les mots qui me sont adressés ? Reprenons le même exemple, celui de la poubelle. Deux réactions sont possibles : “tu me reproches toujours de ne jamais rien faire” ou alors “ok, je vais essayer de faire mieux et d’y penser dorénavant.” Ainsi, mes frères bien-aimés, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler et lent à la colère ; car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. (Jacques 1 : 19). Celui qui répond à quelque propos avant de l’avoir entendu, fait un acte de folie et attire la confusion. (Proverbes 18 : 13).

 Dialoguer, c’est se partager ce qui ne va pas mais également ce qui va bien. On partage autour du quotidien, de la vie spirituelle, de notre état d’âme… Le dialogue est une vie et doit donc se faire au quotidien, à toute occasion. Nous devons profondément désirer partager avec notre époux(se). Tout instant est propice au dialogue et toute occasion doit être saisie pour partager. Nous avons plus de facilité à exprimer ce qui nous déplaît et à laisser de côté ce qui nous plaît. Par exemple, je saurais dire à mon mari qu’il a laissé traîner ses chaussettes ce matin mais j’oublierai plus facilement de lui envoyer un message de remerciements pour avoir fait la vaisselle avant de partir travailler. Pourtant, l’un et l’autre sont tout aussi importants. Le dialogue doit élever, encourager l’autre et je dois recevoir ce qui m’est dit comme une perpétuelle remise en question, une sorte d’introspection de ma personne. Ceci me permettra de grandir encore sur le chemin de la perfection en Christ.

 Seulement, nous devons être attentif à l’autre pour choisir les bons moments en fonction de ce que l’on souhaite lui dire. Nous ne sommes pas parfaits et donc pas toujours disposés. Si nous avons conscience que la chose peut être pesante pour l’autre, nous pouvons choisir le moment où l’autre est le mieux disposé et ne pas hésiter à mettre des formes dans nos propos. Nous devons prendre en considération l’humeur de l’autre. A titre d’exemple, Esther avant d’aller voir son mari le roi, a prit le temps de prier et de jeûner au préalable. Lorsqu’elle s’est retrouvée devant lui, Dieu disposa le coeur de celui-ci. La réponse douce apaise la fureur ; mais la parole douloureuse excite la colère (Proverbes 15 : 1).

 Pour citer un autre exemple, une femme dont le mari rentre à la maison et qui commence à lui raconter sa journée. Celle-ci ne réagit que par un hochement de la tête. Eh bien, celui-ci doit être attentif à son état, ne pas forcer la discussion et même ne pas le considérer comme du mépris. Il doit simplement attendre le moment propice où elle sera plus disposée.

 Se dire quoi et pourquoi ?

 Dialogue 1Ne regardez pas chacun, à votre intérêt particulier, mais que chacun ait égard aussi à ce qui concerne les autres (Philippiens 2 : 4).

 Dans un couple chrétien, la recherche de l’intérêt de l’autre doit être la première motivation. Cette attitude nous apprend à mourir à nous-mêmes. La mise en pratique quotidienne de cette vérité n’est pas toujours aisée surtout quand notre intérêt semble évident. Toutefois, elle garantit une vie paisible dans le couple. Par exemple, un mari doit se rendre à un rassemblement chrétien qui a lieu à une heure de chez lui. La voiture serait le meilleur moyen car en transport en commun, il mettrait deux fois plus de temps. Au même moment, sa femme souhaite aller acheter quelques T-shirts à 20 minutes de la maison mais désire y aller en voiture. Alors qui prendra la voiture ? C’est là qu’un dialogue s’installe dans le but de rechercher l’intérêt de l’autre. Une solution apparaîtra naturellement.

 La recherche du commun accord est également un objectif du dialogue. Cette quête doit être permanente surtout lorsque l’échange a pour but la prise d’une décision commune. D’ailleurs, la Parole de Dieu nous demande, mari et femme, de se mettre d’accord avant de prendre un temps de jeûne et de prière. Ne vous privez pas l’un de l’autre, si ce n’est par un consentement mutuel, pour un temps, afin que vous vaquiez au jeûne et à la prière, mais après cela retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre manque de contrôle (1 Corinthiens 7:5 ). Or, nous savons que le jeûne et la prière constituent la base et la vie de tout chrétien. Autrement dit, si le Seigneur nous demande d’être en commun accord pour le jeûne et la prière cela veut dire que nous devons également l’être pour ce qui concerne notre vie de couple même dans les choses les plus élémentaires Deux hommes marchent-ils ensemble s’ils ne sont pas accordés ? (Amos 3: 3)

 Le dialogue est l’occasion d’exprimer plusieurs choses : ses ressentis, ses peurs, ses doutes, ses frustrations, ses idées. Parfois on aimerait s’exprimer mais on n’y arrive pas…. (Ceci est surtout vrai chez la femme car elle a tendance à garder plus facilement les choses pour elle). Là aussi, il peut tout simplement être efficace de dire a son époux : « j’aimerai te partager quelque chose à ce sujet mais pour le moment c’est difficile pour moi ». C’est une première étape, des mots sont tout de même mis et l’époux pourra prier et encourager avec bienveillance son épouse pour que le dialogue s’enclenche. Au contraire, si la femme n’exprime rien, cela gangrène dans son cœur et constitue une étincelle pouvant déclencher une dispute.

Le dialogue est également le moyen d’encourager l’autre, mais aussi d’exprimer une opinion, un constat sans toutefois murmurer. Sur ce dernier point, il ne faut pas confondre les murmures avec le simple fait d’exprimer un avis et un constat. Jésus leur répondit : ne murmurez pas entre vous (Jean 6 : 43). Ici, le mot murmurer se dit en grec gogguzo, c’est à dire grommeler, grogner, dire quelque chose tout bas, se plaindre tout le temps.

 Les obstacles au dialogue

Dialogue 4Plusieurs facteurs peuvent venir entraver la tenue d’un dialogue sain dans le couple chrétien. Nous allons aborder deux facteurs qui nous semblent indispensables de mentionner ici : les combats et le caractère.

  •  Les combats

 Lorsque nous parlons de combats dans le couple, nous abordons l’angle spirituel du mariage. Car nous ne devons pas oublier que le mariage est d’abord spirituel. “Ce mystère est grand; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église” Éphésiens 5 : 32. Tout mariage chrétien c’est-à-dire béni par Jésus est toujours combattu. Ils existent plusieurs types de situations qui sont en réalité des combats :

  • la mauvaise humeur matinale inexpliquée,
  • la colère vis-à-vis de notre époux (se) alors qu’il (elle) ne nous a rien fait,
  • les pensées impures qui veulent pousser au péché (adultère, colère, cachotteries etc..),
  • le délaissement “physique” de son conjoint alors que le Seigneur nous demande de ne point nous séparer (1 corinthiens 7 : 5), etc.

Bien entendu, il en existe pleins d’autres. Voilà pourquoi nous devons avoir une communion parfaite avec le Seigneur afin qu’il nous aide à discerner ces combats et à les éviter. Lorsque nous prenons conscience de ces réalités, alors nous devenons vainqueurs par la prière. Lorsque ces sentiments montent dans nos cœurs, nous devons les refuser au Nom de Jésus et nous efforcer de faire exactement le contraire.

  •  Le caractère

 Nous sommes très souvent enclin à appeler “combats” ce qui en réalité, relève de notre caractère que le Seigneur veut changer. Et c’est là le plus difficile. Le caractère est le principal obstacle au dialogue. En psychologie, le caractère d’une personne résume la manière dont cette personne va réagir dans une situation donnée. C’est pour cette raison que le Seigneur veut traiter en profondeur notre caractère pour qu’il soit semblable au sien : Qu’il y ait donc en vous le même sentiment qui a été en Jésus-Christ,lequel étant en forme de Dieu, n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme une usurpation. Cependant il s’est vidé de lui-même, ayant pris la forme de serviteur, fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en apparence comme un homme, il s’est abaissé lui-même, en se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix (Philippiens 2 : 5 à 8).

 Deux sentiments ressortent ici : le dépouillement et l’humilité. La solution de Dieu pour notre caractère c’est la croix, la mort à soi-même. Et c’est un long processus.

 En réalité, notre caractère définit notre façon d’agir et de réagir. Il est la résultante de notre éducation, de nos convictions, de notre vision et surtout de notre culture. Mais surtout, le caractère se construit. Il est donc intimement lié à nos expériences passées. Par exemple, il est fort probable qu’un enfant qui a grandit dans un environnement ou la violence régnait, manifestera la violence. Un enfant qui a vécu le rejet, manifestera un comportement lié à ce rejet. Ceci est vrai aussi pour toutes les blessures qu’on a pu subir. Tout cela “fabrique” notre caractère. Et ce dernier se manifeste dans nos relations avec notre époux(se) et dans la façon de réagir.

 Quelques conseils pratiques

 Dans notre façon de dialoguer, nous devons accepter de considérer les intérêts de l’autre. Cette attitude brise notre caractère. Il est important d’adopter quelques attitudes clés :Dialogue 5

    • Avant de réagir, nous devons réfléchir : Si tu rencontres quelqu’un qui parle sans réfléchir, sache qu’il y a plus à espérer d’un sot que de lui (Proverbes 15 : 28).
    • Nous devons éviter et bannir les querelles. Bien entendu, nous pouvons avoir un avis différent sans que cela n’aboutisse sur une querelle « Commencer une querelle c’est ‘ ouvrir une vanne : avant que s’exaspère la dispute, abandonne ! » (Proverbes 17.14) « S’abstenir des disputes est un honneur pour l’homme, mais tous les fous ont la tête près du bonnet.  » (Proverbes 20.3).
    • Nous devons cesser de harceler notre conjoint de reproches. Éviter de l’agacer continuellement. « Où abondent les paroles le péché ne manque pas, mais qui réfrène son langage est un homme avisé. » (Proverbes 10. 19) « Oublier un tort favorise l’amitié, mais en reparler sans cesse la rend impossible, » (Proverbes 17.9)
    • Ne pas critiquer notre conjoint et ne pas le blâmer, mais chercher plutôt à l’encourager et à l’édifier. « Ne rendez à personne le mal pour Ie mal ; ayez à cœur de faire le bien devant tous les hommes. » (Romains 12, 7) « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l’injure pour l’injure : Au contraire, bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction. (1 Pierre 3.9)
    • Cherchez à comprendre, avant d’être compris. Soyez tolérant et prenez sincèrement à cœur les intérêts de votre conjoint. « Ayez un même amour, un même cœur : recherchez l’unité ; ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux pauvres. Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus-Christ.  » (Philippiens 2.2-5)
    • N’utilisez pas le silence pour frustrer votre conjoint. Expliquez lui la raison de votre hésitation momentanée. « Vous étiez autrefois dans l’obscurité ; mais maintenant, par votre union avec le Seigneur, vous êtes dans la lumière. Par conséquent, conduisez-vous comme des personnes qui appartiennent à la lumière, car la lumière produit toutes sortes de bonté, de droiture, et de vérité. Efforcez-vous de distinguer ce qui plait au Seigneur.  » Ephésiens 5.8-10″.

Gloire à toi Seigneur Jésus, maranatha.

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