Être ou paraître telle est la question

Vous connaissez tous Blanche-Neige, le fameux conte des frères Grimm. Celui-ci met en scène principalement deux personnages féminins, la gentille, belle et innocente Blanche-Neige, et sa méchante belle-mère, obsédée par son apparence qui s’efforce par tous les moyens de la supprimer.

Ce qu’on ne vous a pas dit, c’est que de nos jours, l’histoire se finit autrement. La marâtre jalouse, envieuse et imbue de sa personne a trouvé l’âme-sœur en la personne du prince Narcisse. Tous les deux partagent la même passion, ils aiment passer de longues heures à interroger leur miroir et ne manquent pas une occasion pour admirer leur image dans les sources d’eau, les vitrines des magasins, les rétroviseurs des voitures…Bien évidemment, comme pour toute histoire qui se finit bien, ils se sont mariés et ont tellement proliféré qu’ils ont réussi à faire disparaître la race de Blanche-Neige. En effet, nous vivons dans une société qui rend un véritable culte à l’apparence.

 

Ce culte est largement alimenté et entretenu par les médias qui présentent des créatures toujours jeunes au physique parfait, comme étant le modèle à suivre. Ainsi, de nos jours, le diktat de la beauté parfaite n’est plus seulement imposé aux mannequins mais aussi à tous les personnages publics qui influencent très fortement toutes les couches de la société. Entre être et paraître, beaucoup ont résolument opté pour la seconde option.

 

La beauté, un concept variable

Qu’est ce que la Beauté ? On dit qu’une personne est belle lorsqu’elle suscite un plaisir esthétique d’ordre visuel et un sentiment admiratif par sa supériorité physique. Si l’on se fie à cette définition, cela signifie que le concept de la beauté varie selon les cultures et les époques. En effet, les canons de beauté d’hier sont bien différents de ceux d’aujourd’hui. En occident, le modèle gréco-romain s’est imposé et pour cause, ces deux empires ont prévalu sur cette partie de la planète pendant de nombreux siècles. Dans l’antiquité grecque, la philosophie prônait « un esprit sain dans un corps sain ». Le corps se devait alors d’être musclé et svelte. A l’inverse, l’obscurantisme religieux du moyen âge plongea les mentalités dans un reniement du corps qui devait absolument être caché en toutes circonstances. La période de la Renaissance marque un tournant avec la redécouverte du corps qui est exalté par les peintres et les écrivains. Après un bref retour à la pudibonderie au XIX ème siècle, le corps n’a cessé de se dévoiler et de s’exposer.

 

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, après moult privations et restrictions, le désir d’oublier les traumatismes liés à ce conflit planétaire, a poussé les gens à la recherche du bien être et à la satisfaction de la chair. Pendant cette période, être bien portant symbolisait l’opulence et l’aisance financière. De même, les femmes plantureuses retrouvèrent alors leurs lettres de noblesse. Cependant, au cours des années 60 et 70, on s’est soudainement rendu compte que les excès de table provoquaient des affections mortelles telles que le cancer, le diabète, et autres maladies cardio-vasculaires. Désormais, l’accent est mis sur la diététique, sur le contrôle de l’alimentation et l’activité physique. Une personne en bonne santé est nécessairement mince, jeune et belle.

 

Malheureusement, les bonnes résolutions du départ ont laissé place à une surenchère dans la recherche de la minceur. Au fil du temps, les stars des défilés de mode sont devenues faméliques jusqu’à devenir squelettiques. En effet, entre 1980 et 2003, il ressort que le modèle mince- maigre-dénudé est passé de 5,6% à 25% dans Marie Claire, de 15% à 87,2% dans 20 ans ! Paradoxalement, ces mêmes magazines féminins qui prônent l’acceptation de soi, incitent leurs lectrices à des régimes draconiens, susceptibles de mettre leur vie en danger.

 

Cette dictature de la minceur est loin de se limiter aux pages des magazines et à la sphère des people. Le problème c’est que cette exhibition de corps décharnés modifie en profondeur la perception qu’ont les jeunes de leur apparence physique. A l’adolescence, ces jeunes gens en quête d’identité, tentent par tous les moyens d’imposer à leurs corps, encore en développement, le modèle superficiel et irréel affiché dans les médias. Ainsi, le début du XXI ème siècle a donné naissance à une génération anorexique et asexuée.

 

Le phénomène a pris une telle ampleur, en particulier chez les femmes, que des sites Pro AnA, exaltant l’anorexie, ont fait leur apparition sur la toile. Dans le sillage d’Ana Carolina Reston, mannequin brésilien de 18 ans, pesant 40 Kg pour 1m74, décédée des suites d’une infection généralisée, des milliers de jeunes femmes sombrent à leur tour dans la spirale infernale de la maigreur. A l’instar du gouvernement espagnol, les états tendent en ce moment à légiférer sur ce sujet en interdisant notamment l’accès aux défilés aux mannequins manifestement trop maigres. Cependant, bien des efforts restent à faire… Ce que l’on ne dit pas, et qui devrait pourtant être crié sur tous les toits, c’est que 90% des photos sont retouchées. En effet, vivant de leur image, les stars de ce monde ont tout intérêt à se montrer sous leur meilleur aspect et n’hésitent donc pas à utiliser tous les moyens pour gommer leurs moindres défauts. Gageons que si vous en croisiez une dans la rue dénuée de tous ses artifices, vous ne la reconnaîtriez même pas.

 

Comme nous l’avons dit, les critères esthétiques varient d’un continent à l’autre. En Afrique, par exemple, d’une manière générale, on apprécie les femmes bien en chair. Les mensurations de l’idéal féminin africain sont plus proches des 111-92-143 que du fameux 90-60-90 auxquelles rêvent les occidentales.  Pour obtenir ces formes généreuses, certaines ont recours à des méthodes surprenantes pour grossir. Massage à base d’huiles et de crèmes, ingestion de comprimés, injection de substances toxiques et recours aux suppositoires. Tout est bon pour obtenir un postérieur protubérant et une poitrine proéminente ! Même les hommes y ont recours pour augmenter la taille de leur sexe ! « Vital’s », « Star-Vit », « Estyplex 5 », « Sexoplus AX-B200 », « Bazouka »… Ces produits, pourtant prohibés, se vendent comme des petits pains sur les marchés des grandes capitales de l’Afrique de l’Ouest. Importés de Chine, un grand mystère plane sur leur réel contenu. Si dans un premier temps les résultats semblent satisfaire les utilisateurs, les effets à plus long terme sont nettement moins réjouissants. Cancers, hépatites, difficultés à l’accouchement dues au basculement des hanches, impuissance, perforation intestinale, insuffisance rénale, perturbation de la circulation veineuse…

 

Dans certains pays arabes, pour plaire, la femme doit être obèse. Pour parvenir à ce résultat, les familles gavent les fillettes dès l’âge de huit ans. Comme pour les oies, on les force à ingurgiter des quantités gargantuesques de nourriture. Pour avoir une illustration de ce phénomène, voici un extrait du témoignage de Jihat Ethman, une mauritanienne de 38 ans : « J’avais 8 ans et je vivais dans une famille nomade du désert de Mauritanie, quand ma mère a commencé à me gaver. Je devais boire quatre litres de lait le matin, avec du couscous. J’avalais la même chose à l’heure du déjeuner. A minuit, on me réveillait pour boire quelques pintes de plus, enfin, à 6 heures du matin, on me servait un autre repas avant le petit déjeuner. Si je refusais de manger, ma mère me tordait les orteils jusqu’à ce que la douleur soit insupportable. A force de gavage, je ressemblais à un matelas  ».

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De leur côté, les japonais ont recours depuis quelques temps au débridage des yeux afin de coller au plus près au canon occidental. Les mangas dont les personnages arborent tous des yeux disproportionnés, en disent long sur les complexes qui rongent la nouvelle génération du pays du soleil levant. Ailleurs sur ce continent, où les peaux deviennent de plus en plus foncées, tout comme en Afrique, beaucoup de femmes et d’hommes cherchent par tous les moyens à s’éclaircir la peau. Certains vont jusqu’à se laver avec de l’eau de Javel et un gant de limaille de fer ! Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils n’ont pas peur de souffrir pour être « beaux » ! Les plus douillets se badigeonnent de crèmes à base d’hydroquinone, de corticoïdes, de cortisone et de mercure ! Bien que les risques inhérents à ces pratiques soient connus, à savoir l’hypertension, le diabète, le cancer de la peau, l’insuffisance rénale, les problèmes osseux et la perturbation du cycle menstruel, cela ne semble toujours pas dissuader les adeptes du blanchiment de la peau.

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En Amérique latine, plus précisément au Brésil, avoir recours à la chirurgie esthétique est devenu aussi banal que de faire ses courses au supermarché. En effet, en 2006, 700 000 opérations de chirurgie esthétique ont été réalisées et 105 000 d’entre elles concernaient des adolescents de 14 à 18 ans.

Naturellement, la tenue vestimentaire fait partie des éléments essentiels pour mettre en valeur ces corps à la recherche de la perfection.

 

Victimes de la mode

Il n’y a pas si longtemps, il était facile de distinguer un(e) prostitué(e) du commun des mortels. De nos jours, l’exercice s’avère tout à fait hasardeux. Bas résille, guêpière, soutien gorge et string apparents, talons vertigineux qui défient la loi de la gravité…Ces tenues à très forte connotation sexuelle, qui de l’avis général, étaient autrefois considérées comme étant vulgaires, et qu’on ne pouvait acheter que dans les magasins spécialisés, sont désormais devenues chic ! Mais qui a donc inventé le slim ? Qui leur a fait croire que ce vêtement pouvait mettre quiconque en valeur ? Il donne une allure squelettique aux minces et ne rendent vraiment pas service aux plus enveloppés ! Et que dire du fameux pantalon taille basse ? Grâce à lui, le spectacle affligeant de postérieurs masculins et féminins, comprimés, dénudés, dépassant du pantalon qui laisse entrevoir le string, s’offre à la vue de tous. On pourrait croire naïvement que c’est à l’insu de leur plein gré qu’ils s’accoutrent d’un vêtement aussi contraignant, mais il n’en est rien ! Les puristes du taille basse sont des adeptes du « Butting », anglicisme issu de la combinaison « butt in on » qui signifie littéralement « s’immiscer dans ». Inutile d’expliquer de quoi il s’agit … Comment, le décolleté n’est réservé qu’aux femmes ? Qu’à cela ne tienne ! Un petit peu de gonflette et l’affaire est réglée. Et oui, au nom de la mode, certains hommes sont prêts à tout sacrifier, y compris leur virilité. Ainsi, depuis quelques temps, on voit déambuler dans toutes les villes de France et de Navarre, des adonis à la démarche étudiée qui ont troqué leur vieux sac à dos contre un élégant sac à main.

 

Pour les plus pudiques, ce qui importe avant tout, c’est d’afficher la marque de leurs vêtements et accessoires. Et cela commence dès le jardin d’enfants. A peine bébé est-il né qu’il est déjà sponsorisé ! Plus tard, la griffe, devenue un objet de convoitise, peut s’avérer être, dans certaines circonstances, la cause de violentes altercations, de racket et de vols dans les lieux publics. Pour certains, la démangeaison du « m’as-tu vu » est trop forte. Soucieux d’être toujours dans le coup et surtout de donner l’illusion d’appartenir aux hautes sphères de la société, ils achètent des produits contrefaits se mettant ainsi hors la loi.

 

Alors, fashion ou chrétien ?

 

Nous l’aurons compris, nous vivons dans un monde où les hommes sont obsédés par leur apparence. Comment expliquer ce phénomène ? Notre aspect extérieur trahit notre âge et dans une société où le jeunisme est exalté, la vieillesse est perçue comme une tare qu’on s’efforce de fuir le plus longtemps possible. La traque du moindre cheveu blanc, de la moindre ride et du moindre bourrelet, révèle en réalité cette angoisse de l’homme face à l’échéance inéluctable de la mort. Bien plus encore, lorsque l’être humain se transforme ainsi physiquement, il ne fait qu’affirmer sa rébellion vis-à-vis de Dieu qui l’a pourtant créé à son image. Que personne ne nous trompe, ceux qui soignent excessivement leur apparence physique sont idolâtres de leur propre personne.

 

On aurait bien tort de s’accrocher à une chose aussi éphémère, subjective et aléatoire que la beauté. Certes, il vaut mieux avoir un physique agréable qu’ingrat, mais il ne faut pas oublier que la splendeur ne dure qu’un temps. La beauté naturelle est un don de Dieu, mais ceux qui la possèdent doivent veiller à ne pas être une occasion de chute pour eux-mêmes ni pour les autres. En effet, il n’y a aucune fierté à en retirer, ne soyons donc pas comme Lucifer qui a corrompu sa sagesse par son éclat (Ézéchiel 28 : 1-17).

 

C’est difficile à admettre et même très triste à dire, mais force est de constater que de nombreux chrétiens sont des fashion victimes. Ces personnes citent souvent 1 Samuel 16 : 7, « l’homme regarde à ce quifrappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur », pour légitimer leur passion dévorante de la mode. En effet, elles ignorent délibérément cet autre passage de la Parole selon lequel nos corps appartiennent au Saint-Esprit (1 Corinthiens 3 : 16).

 

La Bible nous invite par ailleurs à ne pas accorder un soin démesuré à lachair « car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous » Romains 8 : 7-9.

 

Un chrétien doit-il avoir peur de vieillir ? Sûrement pas, les cheveuxblancs sont pour lui une couronne d’honneur (Proverbes 16 : 1). Doit-il s’inquiéter de la mort ? Nullement, Christ est sa vie et la mort lui est un gain (Philippiens 1 : 21).

 

Attention toutefois, à ne pas tomber dans l’excès inverse, car une apparence soignée et élégante ne demeure pas moins un facteur de sociabilisation. Comme le dit si bien l’apôtre Paul, « tout m’est permis, maistout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit » (1 Corinthiens 6 :12). Comprenons donc que nous appartenons au Seigneur et c’est d’abord à lui que nous devons chercher à plaire.

 

SOURCE : http://lesdokimos.wordpress.com/2012/01/27/etre-ou-paraitre-telle-est-la-question/

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